La longue route vers 2017

À en juger par cette semaine, la course à la succession de François Hollande à la présidence en 2017 a commencé. Un à un les politiciens rivaux se taillent une place. Sur la gauche, Manuel Valls, le Premier ministre socialiste, semble plus ressembler à un rival pour son propre patron. Sur la droite, deux anciens premiers ministres sont en lice, et un troisième candidat est susceptible de se déclarer: Nicolas Sarkozy. L’ancien président est prévu ce week-end pour annoncer sa candidature, un prélude à une candidature présidentielle.

La semaine du Premier ministre, M. Valls

Le début de la semaine appartenait à M. Valls, qui a mis son gouvernement sur ​​la ligne, le 16 Septembre lors d’un vote de confiance du Parlement après son éviction de trois rebelles anti-austérités le mois dernier. Il a remporté de justesse, assurant la survie du gouvernement. Mais 31 de ses députés se sont abstenus, contre 11 lors d’un vote précédent en Avril, pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une trahison des politiques socialistes que M. Hollande a été élu pour mettre en place.

L’ambitieux M. Valls est maintenant en train de fouler une ligne difficile entre la loyauté envers l’impopulaire M. Hollande et le désir musculaire pour montrer que ses plus réformistes, affaires politiques peuvent être une alternative à l’impôt et les dépenses du socialisme. C’est une stratégie dangereuse. Les notes de sondage de M. Valls dégringolent comme il devient lié avec M. Hollande, dont la popularité est à un niveau record de 13%. Les révélations des dommages de Valérie Trierweiler, l’ancien partenaire de M. Hollande, ainsi que la démission juste après une semaine dans le travail d’un ministre de second rang qui avait avoué de ne pas payer d’impôt, prennent ainsi leur péage sur M. Valls. Sa cote de popularité a chuté de 45% en mai à 30% en Septembre, avec une perte de 13 points parmi les électeurs socialistes en seulement un mois.

La situation lugubre de M. Hollande a également changé les calculs politiques sur la droite. Un sondage qui donne à réfléchir a suggéré que, s’il devait faire face à Marine Le Pen du Front national dans un second tour-off en 2017, elle allait gagner. Les sondages suggèrent également que Mme Le Pen, le ferait au deuxième tour aux dépens de M. Hollande s’il y restait encore, mais qu’elle perdrait ensuite face aux candidats de centre-droit. Cette perspective a fait de la nomination de l’UMP un véritable prix.

Le retour inespéré de Nicolas Sarkozy

Après avoir perdu en 2012, il a juré de se retirer publiquement. Mais sa promesse de ne jamais sonné vrai. Piqué par la défaite et galvanisé par la défaillance d’un successeur évident à émerger sur la droite, M. Sarkozy a maintenu le suspense. Une ouverture est venue en mai, quand Jean-François Copé a démissionné comme chef du parti en raison d’irrégularités de financement des campagnes. M. Sarkozy est susceptible d’entrer dans la course à la direction du parti en Novembre, qu’il gagnera presque certainement.

Il n’est pas le seul aspirant à droite. Il fait face à deux petits candidats pour le poste de l’UMP (Bruno Le Maire et Hervé Mariton), bien qu’ils n’aient pas une chance contre lui. Deux anciens premiers ministres lorgnent également une candidature présidentielle. Un, Alain Juppé, a confirmé qu’il courra dans le parti présidentiel primaire. L’autre, François Fillon, est en train de réfléchir à ce propos.

À bien des égards, il semble improbable que M. Sarkozy reviendrait. M. Hollande a été élu en partie parce que les électeurs en avaient assez d’un épuisant, regardez-moi président. Son épouse, Carla Bruni, chanteuse, a déclaré à la presse qu’elle ne tient pas à un retour. Il est également dans un enchevêtrement judiciaire, mis en examen en Juillet dans un autre cas de parti-financement. Un retour perturberait certainement l’équilibre politique. À une époque où la gauche est déchirée par la discorde interne, M. Valls peut savourer la chance de prendre une opposition revigorée sur la droite.

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